Environnement

Haguenau à la Landesgartenschau

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Pour habiter la parcelle que Landau lui a confiée dans le cadre de la Landesgartenschau 2015, la ville de Haguenau a choisi de s’inscrire dans une proposition du jeune architecte paysagiste Benjamin Illat www.psffrance.com : un chêne en devenir, magnifié par une mise en perspective au sein d’un tumulus de totems.

Intitulé « Le veilleur » (en clin d’œil à la démarche « Les Veilleurs de Haguenau » portée par la chorégraphe Joanne Leighton dans le cadre de « Haguenau 2015 »), cette installation met en scène un élément phare du patrimoine naturel et culturel de la cité : son massif forestier, et, tout particulièrement, cette part de forêt qui en constitue l’âme, le cœur et la mémoire : le site du Gros-Chêne.

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Le Chêne, arbre-totem de la ville de Haguenau

Le chêne contribua, pendant des siècles, à la richesse de la ville. Mais à Haguenau, le chêne a surtout à voir avec l’esprit même du lieu.

En effet, avant que notre ville n’existe, la forêt qui l’entoure était déjà fort connue et dotée d’une âme. Dénommée « Forêt Sainte » par la tradition, elle doit cette appellation au fait que de multiples couvents, souvent richement dotés, se sont développés à sa périphérie dès le haut Moyen Âge. Elle le doit aussi au fait que de nombreux ermites y vécurent, en des temps reculés, notamment au lieu dit du « Gros Chêne » et non des moindres selon la légende. Ainsi Arbogast, futur évêque de Strasbourg, Euchaire et Valère, futurs évêques de Trêves, et Materne, futur évêque de Cologne sont-ils réputés y avoir séjourné avant d’accéder à leurs fonctions.

Bien avant encore, dans cette forêt, l’âge du bronze et du fer nous ont laissé en héritage quelque 600 tertres funéraires – le plus grand ensemble d’Europe – dont le tumulus est l’archétype dans la mémoire collective locale, et le musée historique, la vitrine.

Enfin, à l’aube du XXIe siècle, Gloria Friedmann emboita le pas de la tradition par une démarche particulièrement radicale et provocatrice. En pleine forêt, son « monument du chêne » est tout à la fois invitation à la méditation, confrontation avec la nature et appel à la responsabilité de l’homme dans son rapport à la forêt.

On prend ainsi la dimension de l’épaisseur humaine qui baigne ce massif de près de 250 km2 dont le site du Gros Chêne est le lieu emblématique et le chêne, l’arbre-totem.

Le veilleur : une démarche participative

Pour lui donner une âme et tisser des liens avec Landau, la réalisation de cette installation s’est avant tout voulue participative. De tous âges et de toutes origines, les Haguenoviens ont, à leur manière, participé à l’élaboration, à la conception et à la réalisation de cette œuvre. Le thème de la mémoire et du rapport vécu à la ville ont été au centre de la démarche. La diversité des couleurs des totems, rassemblés en tumulus, sont autant d’allusion aux diverses caractéristiques de la ville et aux sédiments de son histoire : l’eau, la forêt, le gris-vert des bijoux de l’âge du bronze ou du toit du musée et du théâtre, le grès rose des Vosges, l’ocre des briques des anciennes casernes, etc. Pour signifier la communauté qui constitue la strate vivante de la ville d’aujourd’hui, certains totems, sont, de même, gravés de petites sentences glanées auprès des Haguenoviens.

Impression

Au cœur de l’installation, à l’instar de la ville au cœur de sa forêt, un banc–cabane attend le visiteur à l’ombre du chêne. Peint de rouge garance et recouvert de houblon – deux éléments forts du passé de la ville -, il invite à l’arrêt, au repos et à la méditation.

Le chêne : témoin de nos métamorphoses

A Landau, le chêne se fait veilleur des métamorphoses de Haguenau (le thème de la métamorphose est le fil rouge de « Haguenau 2015 »). Il se fait veilleur et rassembleur de nos souvenirs aux multiples couleurs qui surgissent du tumulus de nos mémoires et qui s’en vont, s’estompant, se sédimenter dans le cours de l’histoire de notre ville.

Il s’élève et nous invite à transcender ce qui est passé pour nous élancer, contre vents et marées, confiants et profondément ancrés dans nos racines, vers l’avenir…

 

Des étudiants du lycée Robert Schuman ont travaillé sur la maquette et la mise en couleurs de l'installation avec les équipes de la Ville et un architecte paysagiste.
Des étudiants du lycée Robert Schuman ont travaillé sur la maquette et la mise en couleurs de l’installation avec les équipes de la Ville et un architecte paysagiste.

A découvrir à partir du 17 avril lgs-landau.de

Maquette de l'installation
Maquette de l’installation

Les élèves de la section Arts Plastiques du Lycée Robert Schuman ont créé une maquette représentant la future installation. Ils ont également parcouru le centre-ville à la rencontre des passants pour recueillir leur vision de la ville ou de la forêt. Ces témoignages seront gravés sur l’ensemble des poutres de l’installation, évoquant ainsi la ville, son environnement et ses habitants.

Ce sont les élèves menuisiers du Lycée des métiers Heinrich-Nessel qui sont en charge de la création de ces gravures dans leur atelier de la route de Strasbourg. Un travail qui sera achevé bientôt avant l’installation finale à Landau.

 


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Du 17 avril au 18 octobre 2015 à Landau

www.lgs-landau.de